Les Ti kozé avec Cédrick-Isham Calvados, photographe

 Rompues à l’exercice du Ti kozé, les élèves de Seconde Métiers de la Beauté et de l’Esthétique ont accueilli ce lundi 27 avril le photographe et documentariste guadeloupéen Cédrick-Isham Calvados. Réalisateur de « Parce qu’on vient de loin », il s’est efforcé de rappeler à nos jeunes que l’identité était précieuse. Au fil des questions, toutes aussi pertinentes les unes que les autres, il a tenu à leur faire comprendre qu’elles devaient prendre leur place dans cette société, en se mettant en lumière et en ayant confiance en elles.

Arrivé à 13h30, le photographe a sorti son trépied de son étui et vissé son appareil sur la plateforme, le ton était alors donné dès les premières minutes. Néanmoins, le format du Ti kozé allait renverser la situation. Cédrick-Isham Calavados n’était pas celui qui allait choisir le meilleur angle ou la lumière la plus naturelle pour faire ressortir l’énergie qui émane de ces modèles. Ce sont les élèves, au détour d’interrogations, qui allaient décortiquer son parcours, ses rêves et ses projets.

Dès son plus jeune âge, il commence à prendre des clichés avec un appareil photo jetable. Une vocation serait-elle née ? Pourtant, c’est sa mère qui lui offrira son premier appareil photo professionnel à 24 ans. Entre-temps, il s’essaie à une carrière musicale en tant que rappeur, ce qui explique le deuxième prénom qu’il utilise, qui est en réalité son nom d’artiste : Isham. Il travaille ensuite comme pigiste puisqu’il a suivi des études de journalisme mais rêve d’autre chose : la photographie. Il s’offre un nouvel appareil à 29 ans : c’est alors le début d’une vocation.

Inspiré par le photographe brésilien Sebastiao Salgado ou encore le Français Henri Cartier-Bresson, Cédrick-Isham Calvados considère que la chose la plus importante lors de la réalisation d’une photographie, c’est la lumière. Que ce soit au Cameroun, ou encore en Colombie, chaque voyage est une richesse qui lui permet d’entrevoir les paysages et les personnes à travers le prisme de son objectif. D’ailleurs, la question des contraintes liées aux déplacements lui a été posée. Il a, comme peu d’artistes, la chance de pouvoir être entouré de personnes qui comprennent ses obligations professionnelles et lui facilitent de vivre pleinement son art.

Au détour de quelques confidences, les élèves apprendront qu’une photo de l’artiste a été vendue 1500 €. Cette annonce a été accueillie avec beaucoup de surprise, auprès de ces jeunes, qui passent leur journée à prendre des selfies. Néanmoins, les photographies que vous aurez certainement eu l’opportunité de voir de l’artiste, sont celles qui ont été publiées dans le New York Times, à la suite de la catastrophe naturelle Maria en 2017 à Saint-Martin et à la Dominique. Poignantes et tellement humaines, elles auront permis à ce jeune Guadeloupéen de dépasser les frontières.

Ses séries photographiques « Dignités » et « Moun Lib » valorisent une communauté noire, qu’il met en scène très souvent dans la nature ou dans leur quotidien. Les portraits dont il est l’auteur se veulent une empreinte de son identité caribéenne.

Pour clôturer cette rencontre, certaines élèves se sont essayées à la photographie entre elles, sous les conseils avisés du professionnel. Et ce, sans fard et sans filtre, bien que le photographe ne cache pas utiliser Lightroom pour sublimer son travail. Les élèves de la 2M2BE se rappelleront sans nul doute de ce Ti kozé, pour lequel le temps d’un instant elles sont devenues les stars de l’objectif.